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Les Rencontres Annuelles Internationales du Design 2019

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Les Rencontres Annuelles Internationales du Design 2019

Appel à contribution
 L’École Supérieure des Sciences et Technologies du Design à Tunis, organise la troisième édition des Rencontres Annuelles Internationales du Design « RAID » qui se dérouleront du 24 au 26 Avril 2019. Ces dernièresdonneront lieu à une publication des Actes dans le premier numéro de la revue scientifique « Revue des RAID » sous la thématique « The how in Design?Introspective/prospective design ».
« The how in Design? Introspective/prospective design »
Peut-on encore prétendre à une énième définition du design à l’aune d’une notion devenue aujourd’hui plus fuyante que jamais ? Telle n’est pas l’ambition d’une rencontre qui s’est donnée comme visée, de découvrir justement ce qui fait que le design soit devenu un champ poreux ouvert aux emprunts des méthodes de domaines variés, servant lui-même comme modèle au façonnement des modes du « faire » dans des sphères inattendues. Dans leur version actuelle, les Rencontres Annuelles Internationales du Design se veulent une opportunité pour défricher les lieux du design dans l’effervescence des emprunts mutuels : le marketing, le management, le numérique, l’éducation, la santé, etc., s’arrogent de l’usage du design comme stratégie d’auto-réflexion et d’auto-développement. Inversement, la sociologie des usages, l’ethnographie, l’anthropologie de l’innovation, la psychologie cognitive appliquée à la créativité et l’empathie, etc., constituent des terreaux fertiles desquels se nourrit le design.
Partant du postulat que toute structure de cloisonnement est un isolement qui inhibe l’évolution, l’ouverture du design sur de nouvelles formes de compétences et l’extension de ses limites participent à la construction et au façonnement d’un nouveau modèle écosystémique (Findeli ; 2015). Dans cette perspective, le design ambitionne de saisir les interactions de l’humain avec son environnement naturel et artificiel où l’objet n’est plus pensé comme un élément isolé, mais faisant partie d’un tout communicant, confortant dès lors l’idée du design comme champ perméable à tout ce qui concourrait à une meilleure habitabilité du monde (Findeli ; 2015). D’un autre point de vue, cet effet d’encadrement pourrait bien au contraire contribuer à freiner la contamination du design par des émergences exponentielles et invasives, des influences technologiques et scientifiques (intelligence artificielle, big data, l’internet des objets, les neurosciences, etc.) et à prévenir son éventuelle oppression. Le sujet fait débat ; la majorité s’accorde sur le constat d’un changement avéré, ayant une incidence certaine sur les modes opératoires engagés en termes de méthodes, de fonctionnements, d’outils et de médiums, etc., qu’il est urgent de questionner. La multiplication des champs, la contextualisation et le recours à l’interdisciplinarité sont autant d’éléments fondamentaux et non exhaustifs qui constituent des impératifs de réflexion sur la pratique du design, son acquisition et la recherche qui s’y intéresse. Assurément, si les méthodes utilisées dans les premières générations des processus conceptuels ne semblent plus opérantes, alors les outils, la nature des connaissances transmises, ainsi que les outputs (que ce soit en pratique, en pédagogie ou en recherche) s’avèreraient aussi peu pertinents dans les réponses envisagées, face à la complexité des problématiques soulevées.
Qu’en est-il alors des impacts et enjeux scientifiques, pédagogiques, professionnels et éthiques que ces glissements comme ces fixités enclenchent ?
Du design centré objet vers le design centré usager (Abras, Maloney-Krichmar et Preece ; 2004), et plus actuellement, vers le design centré humain (Giacomin ; 2012) ; les lieux du design témoignent plus que jamais d’un design qui se livre à l’introspection pour recentrer ses enjeux et ses fondements. Sa visée projective, pleinement extensive et intentionnelle corrobore l’idée du monde comme un projet à réaliser (Findeli ; 2015) dans toute sa complexité. Des premiers desseins axés sur les objets, l’intention du designer migre vers l’invention de nouvelles façons de vivre, d’expériences esthétiques et émotionnelles intégrant des problématiques sensibles visant la faisabilité, la viabilité et la désirabilité (Larivière ; 2013). La dimension humaine du design est prise comme un paradigme à part entière, impliquant des techniques, des méthodologies et des approches pour créer des objets, des systèmes, et des services « qui sont physiquement, perceptiblement, cognitivement et émotionnellement intuitifs »(Giacomin ; 2012).
Pour se réactualiser et s’ajuster à une telle complexité, le design conjugue inlassablement des méthodes d’actions hétéroclites à la genèse de son projet. Celui-ci devient une quête permanente de « mondes possibles » (Minvielle, Wathel et Masson; 2016) impliquant de nouveaux outils et modalités de faire, permettant non seulement d’anticiper la dose d’imprévus probable mais aussi de projeter des scénarios d’usages futurs. Entre itération et méthodes agiles-Innovation sociale numérique _ ISN, Intrapreunariatoucorporate hacking, la théorie C-K _ Concept-Knowledge, Art thinking, etc-, le développement et l’évolution des diverses phases du projet se veulent adaptatifs et variables. Nous assistons donc à une nouvelle vision du design, s’ouvrant et œuvrant à des modes d’actions aussi hétérogènes que variés.
Le design centré humain troque les dichotomies contre les hybridités, conciliant ce que les structures d’encadrement tendent à écarter, rejeter ou dissocier, consentant subséquemment à l’exploration des zones limitrophes, au croisement des pensées théoriques et pratiques, analytiques, empiriques et intuitives à l’instar du cerveau humain où s’opère difficilement la dissociation entre les raisonnements logiques et les idées les plus poétiques. La désirabilité devient le maître-mot, le leitmotiv du projet en design appelant à l’emprunt d’autres processus et à l’ouverture sur les sphères du sensible, et l’exploration des espaces latents et des actifs cachés de la subjectivité.
« Comment ? » Telle est la question de ce colloque qui se propose de présenter, de réfléchir et de confronter ces nouvelles stratégies, méthodes, outils et idées, appliqués aux domaines tant professionnels, pédagogiques que scientifiques, initiateurs d’un design novateur.
Bibliographie
  1. Abras, C., Maloney-Krichmar, D., Preece, J. (2004) User-Centered Design. In Bainbridge, W. Encyclopedia of Human-Computer Interaction. Thousand Oaks: Sage Publications. (in press),
  2. Findeli, A. (2015). La recherche-projet en design et la question de la question de recherche : essai de clarification conceptuelle, Sciences du Design, vol. 1, num. 1, 45-57.
  3. Giacomin, J. (2014).  WhatisHumanCentred Design?.The Design Journal, vol. 17, num. 4, 606-623.
  4. Larivère, M. (2013). Le design ou l’innovation pensée par et pour tous!. L’express, Disponible à : https://www.lexpress.fr/emploi/business-et-sens/le-design-ou-l-innovation-pensee-par-et-pour-tous_1223165.html
  5. Minvielle, N., Anthony,O., Masson, A. ( 2016) Jouer avec les futurs, Pearson, Montreuil.
Dates importantes :
Les propositions de participation sont à envoyer avant le 20 Janvier 2019
Réponse aux auteurs par le comité de lecture  le 03 Février  2019
Le texte de l’article retenu est à envoyer au plus tard le 24 Février 2019.
Modalitésde soumission:
Les auteurs doivent soumettre un texte complet (full paper) qui obéit à un format court (short paper). La taille des articlesincluant (résumé, notes de bas de pages bibliographie, 1 à 3figures maximum et espaces) doit être comprise entre 20 000 et 24 000 signes.
Pour soumettre, merci d’envoyer vos articles complets à l’adresse mail suivante :  raid.essted@gmail.com
Conditions de soumission
Les propositions de participation doivent s’inscrire dans la thématique annoncée. Elles doivent comporter : le titre de la communication, les noms et prénoms du/des auteur.e.s, l’institution d’attache, les contacts (tél., e-mail), et  les mots clés (cinq au maximum).
Processus de révision :
Toutes les propositions soumises par les auteurs seront examinées en utilisant le processus d’arbitrage en double aveugle.
Comité scientifique
  • HaylaMeddeb, Maître de conférences et rédactrice en chef de la Revue des RAID, École Supérieure des Sciences et Technologies du Design, (Tunisie),
  • Anis Semlali, Maître de conférences, École Supérieure des Sciences et Technologies du Design, (Tunisie),
  • Imen Ben Youssef, Maître de conférences, Institut Supérieur des Beaux Arts, (Tunisie),
  • Eric Vandecasteele, Professeur Emérite, Université Jean Monnet, Saint Etienne(France),
  • Pierre Leclercq, Professeur, Faculté des Sciences Appliquées del’ULg (Belgique),
  • Tomas Dorta, Professeur, Université de Montréal (Canada),
  • Sébastien Proux, Professeur, The Ohio State University (USA),
  • Rabah Bousbasci, Professeur, Université de Montréal (Canada),
  • Khaldoun Zreik, Professeur, Université Paris 8 (France),
  • Michela Deni, Professeur, Université de Nîmes (France),
  • Alessandro Zinna, Université de Toulouse II, Jean-Jaurès, (France).
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