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Quel rôle pour l’État dans la croissance économique en Tunisie ?

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Programme

«Quel rôle pour l’État dans la croissance économique en Tunisie ?»

13 juin 2020
Tunis – Sfax
Forum de l’Académie Politique – Konrad Adenauer Stiftung

Argumentaire

Sur le long terme la Tunisie a connu des avancées économiques et sociales notables enregistrant un taux de croissance annuel moyen sur la période 1966-2016 égal à 4.6%. A titre indicatif le nombre moyen d’années d’études est passé de 2 à 7 ans entre 1980 et 2015. Durant la même période, l’indicateur de développement humain est passé de 0.459 à 0.725. Le taux global de la pauvreté est, quant à lui, passé de 25.4% en 2000 à 15.2% en 2015. Par ailleurs, la transition démocratique qui est amorcée depuis 2011, malgré quelques trébuchements, est aujourd’hui à un stade avancé notamment après la tenue de plusieurs élections présidentielles, législatives et municipales transparentes et démocratiques.
En revanche, le processus de convergence s’est ralenti du fait du relâchement de l’effort d’investissement enregistrant une baisse de 5 points de pourcentage dans le taux d’investissement depuis le début des années 2000 à cause d’un contexte de morosité et d’un environnement défavorable. Les inégalités régionales en terme de qualité du service public, d’infrastructure et de l’emploi persistent. L’économie tunisienne avec un taux d’ouverture de 90% et un taux de dépendance de 60% n’était pas à l’abri des crises économiques et sanitaires importées dont les plus récentes sont celles des subprimes en 2008 et de Covid-19 actuelle.
La gestion des chocs internes et externes est certes de nature à développer d’importantes capacités de résilience pour la Tunisie mais des problèmes liés à la faible qualité des institutions, à la mauvaise gouvernance et au volume élevé du secteur informel sont toujours accablants.
De plus, le taux d’endettement public a fortement augmenté passant de 49% à 76% entre 2011 et 2019 posant ainsi beaucoup de doutes quant à sa soutenabilité. Le fort accroissement de la masse salariale publique a certes soutenu la consommation privée et donc la demande, mais a posé des difficultés sur le plan des finances publiques et semble évincer l’investissement privé. Depuis une décennie le rythme d’accroissement des capacités de production et de la valeur ajoutée est resté insuffisant pour maitriser les problèmes du chômage et de l’inflation.
Pour les remettre sur une trajectoire souhaitable, l’État doit recourir à des réformes structurelles susceptibles de soutenir la croissance et la compétitivité.
Mais de quelle croissance a-t-on besoin ?
L’ensemble des axes stratégiques à suivre pour améliorer le niveau de vie du citoyen tunisien incombe à l’État qui doit assurer un meilleur ciblage de ses actions pour soutenir l’investissement moyennant une évaluation systématique de l’impact des incitations fiscales accordées. Parallèlement, il vaut mieux gérer et entretenir les infrastructures existantes indispensables à relance de l’investissement.
S’il s’avère important d’adopter une démarche participative des principaux acteurs des secteurs public, privé et associatif, il n’en reste pas moins important de considérer le rôle de l’État comme capital dans la concrétisation d’un environnement propice à la réalisation de projets tels que le développement des programmes de recherche et d’innovation, la formation des ressources humaines, la définition des politiques industrielles adéquates et pourquoi pas la détermination des schémas de financement.
Ainsi l’État est face à des défis qui posent la problématique du type de croissance à instaurer auxquels s’ajoute la crise induite par la Covid-19 qui impacte l’économie tunisienne, déjà affaiblie par des causes de vulnérabilité intérieure, en impactant négativement le tourisme, les exportations et la demande sur le marché local.
Il faudra identifier les secteurs d’activité dont les bénéfices et les avantages pourraient offrir plus d’opportunités à la Tunisie et aux entreprises à l’instar de l’industrie 4G, la haute technologie, l’énergie renouvelable, l’agriculture biologique et le tourisme vert et médicinal… tous ces secteurs pourvoyeurs de forte valeur ajoutée et d’emploi de qualité ne peuvent pas se développer spontanément sans l’appui et l’encouragement de l’Etat.
Il ressort qu’un rôle actif et une action bien ciblée et planifiée de l’État sont des ingrédients indispensables au développement du pays dans la mesure où il faut bien réguler le marché pour éviter ses abus qui ont jusqu’à maintenant débouché sur un manque ou une faiblesse d’une politique industrielle, sur une marginalisation des régions de l’intérieur et sur des atteintes majeures contre l’environnement et le développement durable.
Enfin, en vue de remettre la Tunisie sur un chemin de croissance inclusive et forte, l’État devrait instaurer d’une part, l’économie numérique apte à offrir de l’emploi à une main-d’œuvre qualifiée, déjà présente sur le marché de l’emploi et, d’autre part, un entrepreneuriat social pour en faire un modèle de développement destiné à créer de l’emploi et à instaurer un réseau de petites et de moyennes entreprises.
Il est en effet important que la croissance ne profite pas qu’à une minorité, mais devrait être en mesure de générer une amélioration du niveau de vie de la population ainsi qu’un équilibre réel entre les régions de la Tunisie.


Retransmission en direct de la journée d’étude (Tunis – Sfax) Live streaming
Samedi 13 juin 2020

09.00 – 09.30 h Inscription

09.30 – 10.00 h. Session d’ouverture

M. Abbès Mohsen,
Président de l’Amicale des Gouverneurs,
Ancien Gouverneur – Président du District de Tunis, ancien Maire de Tunis, ancien ambassadeur,
Membre du conseil scientifique du FOAP


Dr. Holger Dix,
Représentant resident
Konrad-Adenauer-Stiftung – KAS Tunisie


Allocution d’ouverture
M. Taoufik Baccar,
Ancien ministre du Plan et des Finances
Ancien gouverneur de la Banque centrale



10.00 – 13.00 h. Première Session
Modération (Tunis)
Pr. Zeineb Ben Ammar Mamlouk,
Directrice fondatrice de l’ESSECT
Ancienne présidente de l’Université de Tunis El Manar
Membre du conseil scientifique du FOAP.

Modération (Sfax)
Dr Oualid Gadhoum,
Maître de Conférences Agrégé
Expert au PNUD
Membre du conseil scientifique du FOAP

L’économie tunisienne : état des lieux en chiffres »
M. Hassen Zargouni,
Directeur général du bureau d’études
SIGMA CONSEIL
Tunis


« L’économie Tunisienne, vulnérabilités et résilience face à Covid-19 »
Prof. Mouez Soussi,
Professeur en Sciences Economiques
Institut de Hautes Etudes Commerciales Carthage (IHEC).
Tunis


« Quels outils à mettre en place pour une décentralisation effective ? »
Dr Abdeljalil Gdoura,
Président de l’antenne régionale de la plateforme de dialogue public-privé du programme IRADA à Sfax
Président Association Beitelkhibra
Sfax

« Gouvernance des Grands Projets de SFAX »
L’Exemple de TAPARURA
Dr. Anouar Abdelkafi,
Collectif environnemental et développement régional de Sfax
(Tansikia Elbiaa Oua Ettanmia)

« L’impact de la société civile sur le développement »
Prof. Mohamed Aloulou,
Professeur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Sfax (FLSHS)

« L’agriculture au coeur du développement »
M. Leïth Ben Becher,
Agriculteur – Expert Juriste institutionnel
Fondateur et Ancien président du Syndicat des Agriculteurs de Tunisie.


11.35 – 12.30h

Débat (Sfax –Tunis – Audience virtuelle)


12.42h – 13.00h

« Rapport de synthèse de la journée»
Prof. Habib Affes,
Professeur d’Enseignement Supérieur en Méthodes de Finance et Comptabilité
Vice-président du laboratoire de recherche (LARTIGE), FSEG, Université de Sfax
Président de l’association tunisienne de recherche en sciences de gestion


Séance de signature du livre de M. Taoufik Baccar

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